L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a nettement revu à la baisse sa prévision de croissance pour la France en 2026, désormais attendue à 0,4 %, contre 0,7 % précédemment. Il s’agit du niveau le plus faible parmi les quatre principales économies de la zone euro. Dans le même temps, l’organisation a relevé sa prévision d’inflation pour la France à 2,5 %.
Dans son rapport intermédiaire de septembre, intitulé Surmonter des chocs successifs, l’OCDE a ainsi réduit de 0,3 point sa précédente prévision de croissance française et augmente de 0,4 point son estimation de l’inflation.
Les autres grandes économies de la zone euro devraient enregistrer une croissance de 1,1 % en Allemagne, de 0,9 % en Italie et de 2,6 % en Espagne, contre 1 % pour l’ensemble de cette zone.
Pour 2027, l’OCDE prévoit une reprise limitée de l’économie française, avec une croissance de 0,7 %. L’inflation devrait quant à elle ralentir à 2,1 %.
À l’échelle mondiale, la croissance devrait également ralentir, passant de 3,4 % en 2025 à 2,9 % en 2026, avant de remonter légèrement à 3 % en 2027.
Malgré les conséquences de la guerre en Asie de l’Ouest, l’économie est restée « résiliente » au premier semestre, notamment grâce aux stocks de pétrole, à l’offre en provenance de pays extérieurs au golfe Persique, aux aides publiques ainsi qu’au dynamisme des activités liées à l’intelligence artificielle.
Les perspectives demeurent toutefois tributaires de l’évolution du conflit et des éventuelles perturbations affectant la production et les exportations d’énergie de la région du golfe Persique.
L’OCDE estime que le prix du pétrole Brent pourrait culminer à 105 dollars le baril au dernier trimestre de 2026, tandis que le prix du gaz européen pourrait atteindre 82 euros par mégawattheure. Les prix devraient ensuite progressivement reculer en 2027.
La progression des prix des matières premières devrait faire grimper l’inflation dans les pays du G20 à 4,1 % en 2026, contre 3,4 % en 2025. Dans la zone euro, elle devrait s’établir à 3 % cette année, avant de s’établir à 2,9 % en 2027.
Parmi les économies étudiées, l’Arabie saoudite devrait connaître la dégradation la plus marquée, avec une contraction de 1,8 % de son PIB en 2026. Cette prévision représente une révision à la baisse de cinq points par rapport aux estimations publiées en juin.
Par ailleurs, l’OCDE met en garde contre ce qu’elle qualifie de nouvelles perturbations dans les détroits d’Ormuz ou de Bab el-Mandeb, qui pourraient prolonger la hausse des prix et entraîner des pénuries d’énergie.
Dans un scénario combinant des chocs énergétiques, alimentaires et financiers, la croissance mondiale pourrait être amputée de 0,7 point en 2027, tandis que l’inflation progresserait de 1,1 point.
L’organisation alerte également sur la possibilité d’un épisode El Niño « très intense » entre octobre et décembre 2026. Celui-ci pourrait affecter la production agricole et accentuer les tensions sur les prix alimentaires.
Enfin, l’OCDE appelle les gouvernements à concentrer les aides énergétiques sur les ménages et les entreprises les plus vulnérables, soulignant que seule la moitié des mesures actuellement appliquées sont ciblées.